On a eu la présidente du Parlement en avril 2024 et maintenant la ministre de la Justice, Thembi Simelane. Avant ça on a eu l’ex-président Jacob Zuma et même l’actuel, le businessman Cyril Ramaphosa, pris en flagrant délit dans une affaire de fraude présumée pour laquelle il n’a jamais été inquiété par la justice. La corruption est partout au pays de l’icône planétaire Nelson Mandela et elle coûte très cher à la première économie du continent.
La ministre sud-africaine de la Justice a été auditionnée par le Parlement en fin de semaine dernière, elle s’est expliquée après des accusations de corruption. Elle aurait bénéficié d’un prêt en 2016, qu’elle aurait remboursé depuis, pour ouvrir un café quand elle était maire de la ville de Polokwane. Sauf que ces sous étaient le produit d’une opération frauduleuse mouillant une banque sud-africaine…
Cet argent, plus d’un demi-million de rands, soit près de 25 000 euros, avait été avancé à l’actuelle ministre de la Justice par un individu qui est présentement inculpé, avec d’autres suspects, pour avoir siphonné la VBS Mutual Bank. La faillite de cette banque mutualiste avait ruiné une pléthore d’épargnants, majoritairement des noirs appartenant aux catégories modestes. Cette affaire retentissante avait été nommée «le grand casse bancaire».
Le hic c’est que c’est sous le mandat de Thembi Simelane, à l’époque maire de Polokwane, que la municipalité avait injecté des millions de rands dans la même banque, ce qui à tout le moins jette le doute sur l’emprunt contracté par la maire. Et si c’était une fleur faite à Mme Simelane pour service rendu aux fossoyeurs de la VBS Mutual Bank ?
Les médias locaux ont ébruité que la police a fait une descente, la semaine dernière, dans les bureaux de son ancien assistant. Reste à savoir si la ministre pourra se cramponner à son fauteuil. Lors de son audition au Parlement de nombreux députés de formations autres que l’ANC ont posé le problème d’un probable conflit d’intérêt et du maintien de la dame à la tête d’un département en charge des affaires judiciaires.
Jusqu’ici l’ANC (African national congress) n’a pas commenté ce dossier très embarrassant pour le gouvernement d’union nationale qui s’est installé il y a à peine 2 mois. Plombé par les affaires de corruption et ses promesses socio-économiques non tenues le parti de Mandela avait perdu sa majorité absolue aux législatives de mai dernier, ce qui n’était jamais arrivé depuis la fin de l’apartheid (en 1991)…
Cette déroute électorale historique avait obligé le président Ramaphosa à pactiser avec d’autres parties pour gouverner. Incontestablement les déboires de la ministre de la Justice fragilisent encore plus l’ANC.
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