A la une

Afrique : la Révolution que la Chine et l’UE n’ont pas vu venir, le Golfe monte à 121 milliards de dollars

Afrique : la Révolution que la Chine et l’UE n’ont pas vu venir, le Golfe monte à 121 milliards de dollars

Une révolution silencieuse et elle grossit, grossit. Les partenaires traditionnels de l’Afrique – la Chine, la Turquie, la France, l’Union européenne, etc. – ne s’attendaient certainement pas à être bousculés par les pays du Golfe, pourtant ils sont bien là, catapultés par la rente pétro-gazière. Ces pays aussi, comme l’Algérie et les autres géants des hydrocarbures, ont enclenché la diversification de leurs sources de recettes et de leurs économies pour préparer l’après-pétrole. L’Afrique, qui affiche les croissances les plus rapides au monde après l’Asie, est en bonne place sur l’agenda des pétromonarchies.

On a eu les 300 milliards d’euros annoncés par l’Union européenne, la Chine a mis 51 milliards de dollars sur la table, la Corée du Sud 24 milliards de dollars, ils devront  compter avec la compétition imposée par les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), que sont l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Qatar. La dynamique est bien en évidence dans le rapport publié lundi 16 décembre 2024 par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank)…

Les échanges commerciaux entre le continent africain et cette partie du monde sont montés à quelque 121 milliards de dollars en 2023 et sans doute davantage en 2024 avec les gros investissements qui ont été annoncés.

Le document, intitulé «Rising Gulf investments in Africa : Unlocking opportunities and navigating challenges», indique que la valeur du commerce entre l’Afrique et les 6 Etats du CCG a plus que doublé depuis 2016 (57,7 milliards de dollars). Les exportations africaines vers cette région sont passées de 28,3 milliards de dollars en 2016 à 69,4 milliards en 2023. Les importations des 54 pays du continent africain se sont établies à 51,5 milliards de dollars en 2023, contre 29,4 milliards en 2016.

A noter que les principaux partenaires commerciaux des membres du CCG sont l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, le Maroc, le Soudan et l’Erythrée. Entre 2012 et 2022, les investissements directs des 6 monarchies pétrolières en Afrique ont excédé 100 milliards de dollars. Avec 59,4 milliards de dollars durant cette période, les Emirats arabes occupent la première place des IDE, viennent après l’Arabie saoudite (25,6 milliards de dollars) et le Qatar (7,2 milliards de dollars).

L’an dernier les pays du CCG ont dévoilé 73 projets d’IDE en Afrique pour un financement global de plus de 53 milliards de dollars. Ces enveloppes sont décaissées par des fonds souverains tels que le Public Investment Fund (Arabie saoudite) ou des entreprises publiques comme Mubadala (Emirats arabes unis). A noter que ces investissements ciblent principalement les niches qui ont un rendement immédiat et substantiel, comme l’immobilier et les projets agricoles dédiés à l’export…

Bon, on est loin de la logique de co-développement, c’est valable aussi pour la Chine, pour avoir mieux il faut se tourner vers les Européens. Mais pour les Africains l’essentiel est que cet argent atterrisse.

A côté de ça il y a l’aide publique au développement (APD) et elle est conséquente, en 2022 les 6 pays du Golfe ont versé quelque 9,2 milliards de dollars à l’Afrique, ce qui fait tout de même 14% du total du soutien financier accordé au continent cette année-là. L’Afrique pourra se “vendre” d’autant plus que les prévisions de croissance pour 2025 sont excellentes, avec 44 pays qui feront mieux que cette année dont 15 dans le TOP 20 mondial. Le continent sera porté par ses immenses ressources naturelles, ses classes moyennes émergentes et sa forte poussée démographique.

Le PIB nominal cumulé de l’Afrique devrait passer de moins de 3000 milliards de dollars présentement à 14 000 milliards de dollars d’ici 2050, dopé par une croissance annuelle moyenne que les prédictions situent entre 4 et 5%. La population du continent devrait passer de 1,2 milliard à 2,4 milliards de personnes en 2050, avec un fort taux de jeunes actifs et connectés. Un méga marché et des opportunités à foison qui feront tourner toutes les têtes. 

 

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Haut