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Angela Merkel dévoile ses mémoires : Entre géopolitique et introspections personnelles

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Dans ses mémoires intitulées “Liberté: Mémoires 1954-2021”, Angela Merkel, ancienne chancelière de l’Allemagne, partage ses expériences durant ses 16 années au pouvoir, une période marquée par des relations complexes avec des figures telles que Donald Trump et Vladimir Poutine, et des décisions géopolitiques cruciales, notamment concernant l’Ukraine et l’OTAN.

Gestion délicate de l’Ukraine et de l’OTAN

Merkel révèle dans son livre qu’elle a intentionnellement freiné le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN lors du sommet de Bucarest en 2008, craignant des réactions de la part de la Russie. Elle exprime que, malgré la pression internationale, elle a perçu que l’octroi du statut de candidat à l’Ukraine pourrait être perçu par la Russie comme une déclaration de guerre, ce qui pourrait déstabiliser la sécurité européenne. Elle souligne également les préoccupations relatives à la présence de la flotte russe en Crimée, qui préfigurait des tensions futures. Merkel questionne dans ses mémoires : “Résoudre cela militairement aurait-il été envisageable ? Aurais-je pu, en tant que chancelière fédérale, demander un mandat à notre Bundestag pour une intervention de nos forces armées et obtenir le soutien de la majorité?”

Relations tendues avec Vladimir Poutine

Merkel décrit Poutine comme quelqu’un de constamment prêt à défendre ses intérêts, souvent par des démonstrations de force. Elle évoque une rencontre en 2007 où Poutine, sachant qu’elle avait peur des chiens, a fait entrer son chien lors d’une réunion, illustrant son approche souvent intimidante. “Un homme toujours prêt à punir, et non intéressé à construire des structures démocratiques,” écrit-elle. Selon elle, Poutine n’était pas intéressé par le développement de structures démocratiques, mais plutôt par la restauration d’une Russie puissante et influente sur la scène mondiale, en opposition à l’hégémonie perçue des États-Unis après la guerre froide.

Donald Trump, un président développeur

Quant à Donald Trump, Merkel le décrit comme un homme d’affaires avant tout, voyant le monde comme un terrain de jeu économique où chaque transaction doit maximiser les bénéfices personnels. Elle raconte une anecdote symbolique de leur relation lorsqu’il a refusé de lui serrer la main devant les caméras, reflétant une dynamique souvent conflictuelle. “Il regardait tout du point de vue d’un développeur, celui qui était avant d’entrer en politique. Chaque parcelle de terre pourrait seulement être vendue une fois,” relate Merkel. Trump, charmé par des figures autoritaires comme Poutine, avait une vision du monde où la compétition entre les nations prévalait sur la coopération.

Souvenirs d’une jeunesse en Allemagne de l’Est

Merkel se remémore également son enfance en Allemagne de l’Est, décrivant un état omniprésent qui surveillait étroitement les comportements et punissait sévèrement les écarts. “Vivre en RDA, c’était toujours être sur le fil du rasoir. Même si la journée commençait tout à fait innocemment, tout pouvait changer en quelques secondes,” écrit-elle. Elle explique comment elle a dû apprendre à naviguer avec prudence dans un environnement répressif, tout en préservant une certaine insouciance qui lui permettait de rester fidèle à elle-même malgré les contraintes politiques.

Les mémoires de Merkel offrent un aperçu unique de la pensée d’une des figures les plus influentes de la politique mondiale récente, confrontée à des dilemmes complexes et à des décisions qui ont façonné l’histoire contemporaine. Sa narration met en lumière non seulement les tensions internationales mais aussi les défis personnels et éthiques auxquels elle a dû faire face en tant que leader de l’une des principales puissances européennes.

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Publié par
jihen