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Défis et enjeux du secteur de la transformation des tomates en Tunisie

Défis et enjeux du secteur de la transformation des tomates en Tunisie

Le secteur de la transformation des tomates occupe une place prépondérante dans l’économie tunisienne.

En 2021, la production de tomates fraîches atteignait 1,2 million de tonnes, positionnant la Tunisie comme l’un des principaux producteurs de tomates en Afrique du Nord. Cependant, ce secteur fait face à de nombreux défis menaçant sa pérennité et son développement.

Une production instable

La production de tomates en Tunisie est confrontée à plusieurs difficultés. Les changements climatiques, caractérisés par des épisodes de sécheresse plus fréquents et violents, ont provoqué une baisse des rendements de 10% en 2020 par rapport à 2019.

En outre, l’apparition de maladies telles que le mildiou et d’insectes ravageurs comme la mineuse de la tomate a causé des dégâts significatifs, réduisant les superficies cultivées de 15 % en 2021. Ces facteurs perturbent gravement la production et la qualité des tomates, mettant en danger la stabilité de la filière.

Pendant la saison de récolte, les 26 conserveries du pays peinent à absorber l’ensemble de la production, entraînant des files d’attente pouvant aller jusqu’à 48 heures pour les producteurs. Cette saturation des capacités de transformation, qui n’atteignent que 50% de la production totale, conduit à des pertes considérables de produits périssables, estimées à 100 000 tonnes par an. Ce manque d’infrastructure adéquate pour la transformation est un obstacle majeur pour le secteur.

Problèmes de commercialisation

La commercialisation de la production transformée rencontre également des obstacles. Les stocks de concentré de tomate s’accumulent, atteignant 100 000 tonnes en 2021, sans débouchés suffisants. Les industriels doivent alors chercher de nouveaux marchés à l’export pour écouler leurs excédents, qui représentent 60% de la production transformée. Cette surproduction et l’insuffisance des canaux de commercialisation créent une situation de stagnation qui freine la croissance du secteur.

Le manque de coordination entre les producteurs et les industriels affaiblit la filière. Seulement 50% des agriculteurs sont couverts par des contrats de culture, et les délais de paiement prolongés (jusqu’à 3 mois) compliquent la trésorerie des exploitations agricoles. Cette absence de structure contractuelle fiable et de coordination efficace entre les acteurs limite les capacités de développement du secteur.

Solutions envisagées

L’absence d’une stratégie sectorielle et d’un prix de référence stable pour la transformation des tomates rend difficile la planification pour les différents acteurs de la filière. Une vision claire et cohérente est essentielle pour orienter le développement du secteur et assurer sa durabilité à long terme.

Pour surmonter ces défis, les acteurs du secteur appellent à une meilleure coordination entre producteurs, industriels et pouvoirs publics. La généralisation des contrats de culture, la modernisation des outils de production et de transformation, ainsi que la mise en place d’une stratégie sectorielle cohérente sont des pistes prioritaires. Des investissements dans l’irrigation, la lutte contre les maladies et ravageurs, et le développement de nouveaux débouchés à l’export permettraient également de sécuriser et diversifier l’activité.

Seule une approche globale, impliquant l’ensemble des parties prenantes, pourra relever les défis auxquels est confronté le secteur de la transformation des tomates en Tunisie. Une action concertée et des investissements ciblés sont indispensables pour assurer la pérennité et la croissance de cette filière essentielle pour l’économie tunisienne.

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