Dans le cadre du Salon International de l’Alimentation (SIAL 2024) qui se tient à Paris, nous avons rencontré Hedi Gaaya, Directeur général filière céréales et dérivés chez Rose Blanche qui partage avec nous ses réflexions sur la participation tunisienne à ce prestigieux événement et les défis que rencontre le secteur des industries alimentaires en Tunisie.
Tunisie Numérique : Comment évaluez-vous la participation tunisienne au Salon SIAL ? Et quelle est l’importance de cet événement pour les entreprises nationales ?
Hedi Gaaya : La participation à des salons internationaux tels que le SIAL est une tradition précieuse soutenue par les institutions publiques comme le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX).
Ces événements permettent de mettre en lumière les produits tunisiens et de démontrer la valeur ajoutée des industries alimentaires. Plutôt que d’exporter des matières premières non transformées, qui génèrent moins de valeur, nous avons l’opportunité de promouvoir nos produits transformés, ce qui bénéficie davantage à notre économie.
Je considère la participation tunisienne à ce salon comme un véritable atout. Notre groupe “La Rose Blanche” a d’ailleurs tenu un stand remarquable, présentant nos principales marques. L’intérêt que nous avons suscité est très encourageant.
Peut-on considérer les industries alimentaires comme un secteur stratégique pour l’exportation ?
Absolument ! L’exportation est une véritable aubaine pour les entreprises tunisiennes, leur permettant de conquérir de nouveaux marchés. Grâce à notre expérience au sein de “La Rose Blanche”, nous avons exploré des marchés aussi divers que l’Europe, l’Asie, l’Amérique, et même l’Afrique. Chaque jour, nous découvrons de nouvelles opportunités.
Cependant, cette expansion sur les marchés internationaux a un coût. Seules les entreprises offrant des produits de qualité supérieure, fabriqués avec des technologies avancées et disposant de ressources humaines qualifiées, peuvent vraiment réussir dans ce contexte.
Quels sont, selon vous, les principaux obstacles au développement des exportations dans le secteur des industries alimentaires ?
La volonté politique est présente, et c’est un élément fondamental. L’État accorde une importance particulière à l’exportation.
L’un des plus grands défis est la disponibilité de la matière première, notamment les céréales dans notre secteur, ce qui nécessite de garantir l’importation à des prix préférentiels et dans des conditions avantageuses.
De plus, il est également crucial de lever les barrières douanières sur les produits tunisiens, en particulier au sein de l’Union européenne. C’est là un enjeu stratégique central qui doit être pris en compte en priorité dans la prochaine phase afin que nos produits puissent mieux s’implanter sur le marché européen
L’intelligence artificielle (IA) était un sujet en vogue lors de ce salon. Quel rôle pourrait-elle jouer dans votre secteur ?
L’intelligence artificielle représente un défi majeur, tant sur le plan éthique que technologique. Dans l’industrie alimentaire, elle pourrait considérablement améliorer la productivité et la qualité des produits.
Par exemple, l’IA peut nous aider à mieux répondre aux besoins des consommateurs tout en optimisant la production agricole, notamment dans des zones arides.
Cependant, il existe un risque de l’aggravation du fossé entre les pays du Nord et du Sud. C’est pourquoi, chez “La Rose Blanche”, nous faisons en sorte que les technologies que nous utilisons soient à la pointe et adaptées aux évolutions scientifiques et technologiques.
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