Economie

Focus sur les défis de liquidité dans le système bancaire au 2ème trimestre 2024

Focus sur les défis de liquidité dans le système bancaire au 2ème trimestre 2024

Le dernier rapport de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie révèle une situation contrastée du système financier au deuxième trimestre 2024.

Cette situation est marquée par des défis persistants relatifs à la liquidité bancaire et ce, parallèlement à une amélioration des besoins en refinancement.

Etat des lieux

Contre toute attente, le déficit moyen de liquidité sur le marché monétaire s’est creusé, passant de 187 millions de dinars tunisiens (MDT) au premier trimestre à 297 MDT au deuxième. Cette aggravation de 110 MDT survient paradoxalement dans un contexte où les besoins moyens des banques en liquidité ont diminué de 702 MDT, s’établissant à 14.523 MDT.

Ce phénomène s’explique par une combinaison de facteurs. D’un côté, les ventes nettes de devises contre dinars par les banques ont injecté 1.733 MDT de liquidité dans le système. De l’autre, le retour massif d’espèces aux guichets bancaires, notamment en mai, a contribué à atténuer la demande de liquidité.

Cependant, ces effets positifs ont été largement contrebalancés par l’endettement intérieur du Trésor, qui a drainé 2.605 MDT de liquidité du secteur bancaire.

La Banque centrale en première ligne

Face à cette situation, la Banque centrale de Tunisie a joué un rôle capital, couvrant près de 98% des besoins en liquidité des banques. Néanmoins, le volume moyen de ses interventions a diminué de 812 MDT par rapport au trimestre précédent, reflétant une certaine prudence dans la gestion monétaire.

Cette réduction a touché l’ensemble des instruments de la Banque centrale, avec une baisse notable des opérations principales de refinancement (-523 MDT) et des opérations d’achat ferme de bons du Trésor (-257 MDT). Cette approche témoigne d’une volonté de maîtriser l’inflation tout en soutenant le système bancaire.

Le marché interbancaire

L’activité du marché interbancaire a montré des signes de ralentissement, avec une baisse significative du volume moyen des transactions à vue. Malgré cela, le taux mensuel moyen du marché monétaire est resté stable à 7,97%, soulignant une certaine résilience du marché face aux fluctuations de la demande.

Dynamique monétaire positive

Au niveau macroéconomique, la masse monétaire M3 a affiché une croissance plus vigoureuse au premier semestre 2024 (+4,2%) comparée à la même période en 2023 (+2,7%). Cette expansion est principalement alimentée par l’augmentation des créances nettes sur l’administration centrale (+13,8%) et, dans une moindre mesure, par la progression des créances sur l’économie (+2,2%).

Cette dynamique monétaire, bien que témoignant d’une certaine vitalité économique, soulève des questions quant à ses potentiels effets inflationnistes à moyen terme, d’autant plus que les avoirs extérieurs nets ont accusé un net repli.

Le système financier tunisien navigue dans des eaux complexes en ce deuxième trimestre 2024. Malgré une apparente détente des besoins en liquidité, les défis persistent, nécessitant une vigilance accrue de la part des autorités monétaires. La Banque centrale de Tunisie continue de jouer un rôle d’équilibriste, cherchant à soutenir le secteur bancaire tout en maîtrisant les risques inflationnistes.

L’évolution de la situation dans les prochains mois sera cruciale pour déterminer si ces tensions de liquidité sont transitoires ou si elles reflètent des déséquilibres plus profonds nécessitant des ajustements structurels du système financier tunisien.

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