On ne sait pas jusqu’où ira le nouveau président iranien, Massoud Pezeshkian, un réformateur, mais ce qui est certain c’est qu’il amène avec lui un vent d’espoir pour une jeunesse dont toutes les formes de contestation ont été réprimées dans le sang. Le président Pezeshkian, guetté par la communauté internationale, a tendu la main ce samedi 13 juillet : “J’ai hâte d’engager un dialogue constructif avec les pays européens pour mettre nos relations sur la bonne voie“…
Il a publié une tribune dans un journal anglophone local, «Tehran Times». Le chef de l’Etat iranien, élu la semaine dernière, affiche ainsi ses priorités. Bon, pour le moment il ne dit pas un mot sur les USA et encore moins sur la possibilité que l’ennemi juré de Téhéran, Donald Trump, revienne à la Maison Blanche, mais ça viendra forcément vu le poids de Washington dans les sanctions qui étouffent l’économie iranienne.
En mettant en avant les Européens Téhéran couvre ses arrières ; en effet il est très probable que si Trump reprend les rênes il ne fera aucun cadeau aux Mollahs. Donc le pari sur l’Europe est la seule voie présentement, en attendant de voir dans quel sens le vent tournera après les élections de novembre prochain aux Etats-Unis.
Durant sa campagne électorale Massoud Pezeshkian s’était engagé à “sortir l’Iran de son isolement” en renouant des “relations constructives” avec le monde, surtout les pays européens. Ces derniers aussi auront besoin d’une oreille attentive en Iran, le parrain du Hamas et du Hezbollah libanais. Téhéran est incontournable si l’Occident veut circonscrire le feu qui prend au Proche et Moyen-Orient depuis l’attaque du 7 octobre en Israël.
Pour autant le président iranien s’en est pris dans sa tribune au retrait des USA en 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien, un plan imposé par l’ancien président américain Barack Obama mais que Trump a sabré quelques mois après son arrivée au pouvoir. “Les États-Unis doivent reconnaître la réalité et comprendre, une fois pour toutes, que l’Iran ne répond pas – et ne répondra pas – aux pressions“, a lâché Pezeshkian.
Par contre réformateur ou pas, pas question de reculer sur l’alliance avec la Russie, un “allié stratégique précieux” ; idem pour la Chine, avec qui Téhéran va “collaborer davantage“. Au sujet des pays voisins le président iranien a invité la Turquie, l’Arabie saoudite, Oman, l’Irak, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis à “renforcer les relations commerciales” avec Téhéran et “relever les défis communs” dans la région.
Cette première sortie sera très certainement très commentée dans les chancelleries occidentales. Le nouveau président a un mandat de 4 ans pour faire mieux, beaucoup mieux que son prédécesseur, feu Ebrahim Raïssi, décédé dans un accident d’hélicoptère en mai dernier. Reste à savoir la marge de manœuvre que lui laissera le tout-puissant Ayatollah Ali Khamenei, qui décide de tout, même de la liste des candidats qui se présentent à la présidentielle…
On peut supposer que si l’Ayatollah a laissé Pezeshkian participer à la course électorale et l’a laissé gagner c’est que Téhéran est éreinté par son isolement et les sanctions draconiennes, et veut montrer au monde que les Iraniens ont une forte envie de retrouver une vie à peu près normale. Cela ferait aussi baisser une pression sociale constante qui menace à terme la survie du régime. Donc un dossier à suivre de très près.
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