Monde

Italie : Meloni recule sur la taxe de 40% des superprofits, les banques ont encore gagné

Italie : Meloni recule sur la taxe de 40% des superprofits, les banques ont encore gagné

La bravade de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, face à la toute-puissance du secteur financier n’aura été qu’un feu de paille ? Il faut le croire. La taxation des méga profits des banques, à hauteur de 40%, s’est dégonflée comme une baudruche face à la réaction très négative des Bourses hier mardi 8 août. Et quand les marchés financiers se cabrent toute l’économie s’enraye, alors Meloni a battu en retraite…

«Afin de préserver la stabilité des institutions bancaires», le décret gouvernemental introduit «un plafond pour la contribution, qui ne peut excéder 0,1% du total des actifs» d’une banque, a fait savoir hier dans la soirée le ministère de l’Économie. Une annonce qui a bien requinqué les banques puisque ce mercredi matin à la Bourse de Milan leurs titres s’envolaient.

La cheffe du gouvernement l’avait dégainé au tout dernier moment, lors du dernier Conseil ministériel du 7 août avant la pause estivale. Les autorités y ont vu une solution facile pour piocher dans l’épais matelas des superprofits des banques gonflés par la hausse des taux d’intérêt. Le but de la manoeuvre était de compenser le surcoût pour les familles et les entreprises malmenées par l’inflation. Le gouvernement de Meloni devra trouver autre chose.

Hier les titres des banques ont lourdement chuté dans toutes les places boursières. Les géants du secteur tels qu’Intesa Sanpaolo et Unicredit ont dévissé respectivement de 8,6% et 5,9% à la clôture. Monte dei Paschi di Siena s’est replié de 10,8%, Bper Banca de 10,9% et Banco Bpm de 9%. Changement spectaculaire ce mercredi matin : Intesa Sanpaolo affichait +2,3% et sa rivale Unicredit gagnait 4% vers 10h30, comme du reste les autres titres du secteur bancaire.

Pourtant hier mardi le vice-Premier ministre Antonio Tajani défendait ceci : «Nous disons depuis des mois que la Banque centrale européenne (BCE) a tort de relever les taux d’intérêt», et cette taxe en «est la conséquence inévitable». Et puisque la plupart des banques se sont bornées à s’engraisser sans hausser proportionnellement la rémunération des comptes courants de leurs clients le gouvernement s’est dit qu’il avait toute légitimité pour essorer le secteur bancaire.

Les banques qui ont «déjà ajusté leurs taux» en rognant l’écart entre les taux d’emprunt et la rémunération des comptes courants «ne seront pas affectées de manière significative» par la taxe, avait assuré le ministère de l’Économie mardi soir…

Bien entendu la reculade du gouvernement aura un effet sur la portée de la taxe. Fixer la ponction des banques à 0,1% des actifs «réduit considérablement l’impact de la taxe», ont déclaré ce mercredi les analystes de Jefferies cités par Le Point. De 4,9 milliards d’euros la contribution des banques chute à 2,5 milliards. Intesa Sanpaolo, qui a engrangé 4,2 milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre (+80%) et Unicredit, qui a fait mieux avec 4,4 milliards d’euros, peuvent souffler…

Le syndicat CISL vantait une taxe «juste» qui «devrait être étendue à d’autres multinationales». A l’arrivée ce que d’aucuns qualifiaient déjà de révolution de gauche imposée par un gouvernement d’extrême droite accouchera d’une souris…

 

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Haut