Le Président de la République, Kais Saied, a rencontré ce samedi après-midi, au Palais de Carthage, le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, pour discuter du projet de révision de certaines dispositions du Code du travail.
Cette réforme vise principalement la suppression de la sous-traitance et la limitation des contrats à durée déterminée (CDD).
Selon une vidéo publiée sur la page officielle de la présidence, Kais Saied a affirmé que cette révision se fera selon une approche novatrice, permettant de trancher définitivement avec les méthodes traditionnelles jugées inefficaces. Il a rappelé que les réformes successives depuis 1996 n’ont pas permis de résoudre les problématiques du marché du travail tunisien et que “la situation actuelle ne peut plus durer”.
L’un des principaux axes de cette réforme est la suppression du terme “sous-traitance”, que le Président considère comme une “forme d’esclavage déguisé”. Il a également insisté sur la nécessité de restreindre les CDD aux seuls cas exceptionnels, tels que les travaux saisonniers ou les besoins ponctuels des entreprises.
Kais Saied a rappelé que l’État a la responsabilité de garantir le droit au travail pour chaque citoyen, conformément à l’article 46 de la Constitution. Il a souligné l’importance de l’équité et de la stabilité sociale, déclarant que “la stabilité générale ne peut exister sans justice et sans équité”.
Le Président a tenu à préciser que cette réforme ne vise pas à pénaliser les employeurs, mais à instaurer un équilibre entre les droits des travailleurs et les impératifs économiques des entreprises. “Un entrepreneur a le droit de réaliser des profits légitimes, mais les travailleurs doivent aussi bénéficier d’un salaire équitable et d’une stabilité professionnelle”, a-t-il affirmé.
Enfin, Kais Saied a conclu en insistant sur l’importance de soumettre rapidement ce projet de révision au Parlement. Il a mis en garde contre des législations qui, sous couvert de réformes, pourraient en réalité engendrer des régressions. Il appelle à une “révolution législative” qui garantira un marché du travail plus juste et plus stable en Tunisie.
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