Economie

Le marché automobile en Tunisie : entre ralentissement et croissance

Le marché automobile en Tunisie : entre ralentissement et croissance

Le secteur automobile tunisien, pilier stratégique de l’économie nationale, traverse une période charnière marquée par des évolutions contrastées.

Entre stagnation des ventes, transition vers des technologies plus durables et ambitions industrielles, le marché reflète les défis d’une économie en mutation.

Un marché dynamique

Les chiffres récents montrent une stagnation notable dans les immatriculations de véhicules neufs. En 2024, 52 000 voitures ont été vendues, contre 51 000 en 2023 et 55 000 en 2022.

Cette stabilité apparente masque des tensions structurelles : quotas d’importation réduits, augmentation des coûts et recours croissant au marché parallèle, qui représente désormais près de 37% des ventes. Par ailleurs, la demande pour les véhicules populaires est freinée par un plafonnement des prix à 35 000 dinars, jugé trop bas par les concessionnaires.

La réduction des quotas d’importation de voitures neuves en Tunisie est une mesure prise par le gouvernement pour limiter le déficit commercial. En 2023, ces quotas ont été réduits de 20%, passant de 55 000 à 45 000 véhicules, ce qui a eu un impact direct sur l’offre disponible sur le marché local. Cette décision a été prise dans un contexte économique difficile, avec l’objectif de réduire les importations et de stabiliser la balance commerciale du pays.

La réduction des quotas a entraîné une pénurie de véhicules neufs sur le marché, ce qui a augmenté les prix et prolongé les délais d’attente pour les consommateurs. Malgré cette réduction, le gouvernement a augmenté les quotas d’importation des voitures populaires, passant de 8 000 à 10 000 unités, afin de répondre à la forte demande pour ces véhicules. En 2024, le volume total d’importation était de 46 000 voitures, et pour 2025, il a été fixé à 50 000 unités, toujours en deçà de la demande réelle du marché.

Impact de la réduction des quotas

La réduction des quotas d’importation de voitures neuves en Tunisie a des impacts significatifs sur les consommateurs locaux. En général, cette mesure entraîne une pénurie de véhicules neufs sur le marché, ce qui se traduit par une augmentation des prix et des délais d’attente pour les acheteurs potentiels.

Les consommateurs tunisiens, déjà sensibles au coût total d’utilisation des véhicules, sont particulièrement touchés par ces hausses de prix, ce qui les pousse à explorer d’autres options comme le marché de l’occasion ou les véhicules d’occasion importés par le marché parallèle.

Face à ces contraintes, les consommateurs adaptent leurs comportements d’achat. Certains optent pour des véhicules plus abordables ou se tournent vers des alternatives comme la mobilité partagée ou le covoiturage, qui gagnent en popularité dans les grandes villes.

Par ailleurs, l’importance accordée aux produits locaux et la volonté de soutenir l’industrie nationale peuvent inciter certains consommateurs à privilégier les produits fabriqués en Tunisie, dans la mesure où ils sont disponibles et compétitifs. Cependant, la réduction des quotas d’importation reste une mesure controversée, car elle peut limiter l’accès à une variété de produits et renforcer le marché parallèle, qui représente déjà une part significative des transactions automobiles en Tunisie.

Cependant, la transition vers les véhicules électriques reste lente. En 2024, seulement 226 unités électriques ont été importées, bien que des incitations fiscales et l’élaboration d’un cahier des charges pour les bornes de recharge soient prévues pour stimuler le marché. À cela s’ajoute une insuffisance des infrastructures adaptées, freinant l’adoption massive de ces technologies.

 

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