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L’étude d’Eurostat ruine le fonds de commerce de l’extrême droite : L’immigration sauve la démographie européenne

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C’est le genre de rapport qui ulcère l’extrême droite, laquelle vient de signer des scores historiques aux élections européennes, surtout en France et en Italie. Mais on ne peut pas non plus mettre dans un tiroir une étude tout ce qu’il y a de plus sérieux au motif que ça donne des boutons à Marine Le Pen, Jordan Bardella, Eric Zemmour et compagnie. L’enquête d’Eurostat a parlé : la population de l’Union européenne (UE) a enregistré une hausse de 1,6 million en 2023 en dépit du nombre de décès excédant largement celui des naissances. Et cette bonne nouvelle sur le front du déclin démographique le vieux continent la doit à l’immigration. Eh oui…

Après s’être repliée de 0,5 million en 2020 et de 0,3 million en 2021 du fait de la pandémie du Coronavirus la population de l’UE a gonflé en 2023 pour la deuxième année d’affilée. Elle est passée de 447,6 millions d’habitants au 1er janvier 2023 à 449,2 millions au 1er janvier 2024. Le solde naturel négatif – le nombre de disparitions a dépassé de 1,2 million celui des naissances – a été bonifié par le solde migratoire positif (+2,8 millions), d’après le document. C’est un fait.

Sur la durée la population de l’UE a progressé de 94,7 millions de personnes depuis 1960, année où elle se situait à 354,5 millions. Par contre son taux de croissance s’est décéléré dans les dernières décennies. Alors que la population évoluait à une cadence de 2,9 millions par an dans les années 1960, elle a progressé de 0,6 million à peine par an au cours de la période 2015-2024.

A noter que la population des différents Etats-membres de l’UE s’établissait, au 1er janvier 2024, de 0,6 million à Malte à 83,4 millions en Allemagne. L’Allemagne, la France et l’Italie pèsent près de la moitié (47%) de la population de l’UE. Mais là aussi ça coinçait dernièrement pour les deux dernières. L’Hexagone a amorcé doucement une stagnation démographique, avec une baisse drastique de la natalité. En Italie aussi la chose inquiète, jusqu’au pape François

De toute évidence les flux de migrants (étudiants, ingénieurs, médecins, etc.) vers ces pays ont une nette incidence sur le renouvellement des générations. Mais n’allez surtout pas le dire au Rassemblement national de Marine Le Pen en France ou au Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, elles ne vont pas aimer.

Globalement la population de l’UE a augmenté l’an dernier, mais pour 7 pays le nombre d’habitants a piqué du nez. Les baisses les plus fortes ont été enregistrées en Pologne (-132 800), en Grèce (-16 800) et en Hongrie (-15 100). Là aussi n’allez pas leur dire d’ouvrir les portes aux migrants, surtout le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Dans les 20 autres pays de l’UE la population a évolué l’année dernière, les chiffres les plus importants sont recensés en Espagne (+525 100), en Allemagne (+330 000) et en France (+229 000)…

Personne ne le criera sur les toits mais cela explique en grande partie les visas Schengen ventilés comme des petits pains – enfin, presque… – en Tunisie, en Algérie, au Maroc et ailleurs en Afrique. “L’immigration choisie“, une doctrine chère à l’ancien président français Nicolas Sarkozy, a de beaux jours devant lui… Enfin, ça dépend pour qui. Ces bras et cerveaux qui s’exilent chaque année, par milliers, c’est aussi autant de compétences en moins pour développer leurs pays. Cette réalité là aussi il faut y songer, quelle que soit la puissance de l’appel du large.

 

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