A la une

Maroc : Le gouvernement taille les ailes des syndicats, il sort le bâton de la criminalisation de la grève

Maroc : Le gouvernement taille les ailes des syndicats, il sort le bâton de la criminalisation de la grève

Les enseignants, les agents de la Poste, la Fédération nationale du secteur de la justice (FNSJ), la coalition syndicale de la santé (elle a décrété une grève générale jusqu’au 26 juillet 2024), etc. Le fait est que les mouvements sociaux paralysent le royaume et pourrissent la vie des usagers, sans parler des coûts pour l’économie nationale. L’exécutif a décidé de siffler la fin du tintamarre. Le projet de loi organique encadrant le droit de grève est fin prêt et le débat s’ouvre ce jeudi 18 juillet au Parlement, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas…

Le gouvernement va prendre langue avec les syndicats pour les convaincre d’enterrer la hache de guerre, pour le bien de la nation. Les organisations syndicales sont vent debout contre ce texte, mais quoi qu’il en soit le gouvernement d’Aziz Akhannouch ne reculera pas, ne flanchera pas.

Il était évident que les syndicats portent des revendications relatives à l’amélioration des conditions de travail et aux augmentations salariales, auxquelles le gouvernement a donné une suite favorable, mais que d’un autre côté, il y a des réformes qui doivent être mises en place. La Constitution de 2011 prévoit l’adoption de lois organiques, notamment celle relative à l’exercice du droit de grève. Celle-ci a été soumise à la Chambre des représentants et doit être discutée maintenant”, a martelé Mustapha Baitas durant le point de presse hebdomadaire au terme du Conseil ministériel.

«Certes, le droit de grève est un droit constitutionnel, mais n’avons-nous pas l’intelligence collective de nous mettre autour d’une table pour l’encadrer ? C’est ce que fait le gouvernement dans le cadre d’un dialogue sérieux, responsable et partenarial avec les syndicats», ajoute le porte-parole du gouvernement.

Clairement il est question de poser des conditions et des restrictions sur la grève, et ça les syndicalistes n’aiment pas, ce droit étant leur “fonds de commerce”. Les organisations syndicales s’insurgent contre ce qu’elles qualifient de décisions unilatérales, sans concertation sérieuse avec les partenaires sociaux. En fait ce qui pose le plus problème aux syndicats c’est la criminalisation de certains mouvements sociaux alors que ce droit est gravé dans la Constitution.

On est là : Une opposition frontale entre un gouvernement qui insiste pour mettre de l’ordre dans le pays avant que les investisseurs le fuient comme la peste et des syndicats qui campent sur leur droit à la grève. Un droit qui a permis aux travailleurs de tordre le bras au gouvernement pour qu’il signe l’accord social sur la hausse du SMIG, des salaires des fonctionnaires et la baisse de l’impôt sur le revenu…

En tout cas le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a été formel mardi dernier : le gouvernement s’accroche au projet de loi organique n°97.15, lequel sauvegarde le droit de grève, garanti par la Constitution mais également “protège la liberté du travail“. Le gouvernement “veille à ce que cette loi protège, également, la liberté et la continuité de travail dans les entreprises, les établissements et les services publics (…). La loi sur le droit de grève doit se mettre au diapason du Maroc du 21ème siècle”, a-t-il asséné.

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Commentaires

Haut