Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), le salaire moyen en Tunisie en 2023 est de 640 dinars tunisiens (environ 220 euros) par mois. Alors que l’inflation demeure élevée, en particulier dans le secteur alimentaire En effet, les prix des biens alimentaires ne baissent toujours pas. Ils augmentent de 13% par an.
Et, malheureusement, si les cours du pétrole et des matières premières continuent de se tendre, la situation sur l’inflation ne va évidemment pas s’améliorer.
Cette situation a des répercussions sociales, en particulier pour les ménages à faible revenu, pour qui les dépenses alimentaires constituent une part relativement plus importante de leur budget.
En effet, l’inflation est une forme d’imposition qui peut être impose sans législation. Elle réduit les revenus réels, ce qui, pourrait renforcer les intentions des Tunisiens de migrer par des voies irrégulières et risquées.
Pire, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage en Tunisie est de 18,2 % en 2023. Cela signifie que près d’un quart de la population active tunisienne est à la recherche d’un emploi. Le chômage est plus élevé chez les jeunes diplômés et les femmes.
Les Tunisiens aujourd’hui se divises en deux : la partie la plus riche, ignorant la nécessité de la plus pauvre. Les gens qui avaient déjà des moyens. Ils ont touché le jackpot. Mais pour la population marginalisée (les pauvres et les classes populaires), ils sont plus pauvres qu’avant.
Il est clair que la crise économique que traverse la Tunisie actuellement et depuis plusieurs années a un impact négatif sur la situation sociale.
Le pouvoir d’achat des Tunisiens a diminué et les inégalités sociales se sont creusées.
Face à cette situation, notre cher pays devrait améliorer les filets de protection sociale, diversifier les sources alimentaires et accroître l’efficacité de la production et du commerce alimentaires. Aussi il faut procéder à la réforme de l’enseignement supérieur afin que celui-ci colle plus étroitement aux emplois recherchés. Un chantier d’importance qui recoupe celui de l’éducation nationale.
Mais comment procéder à ces réformes et la Tunisie est toujours confrontée à des difficultés pour obtenir le financement extérieur nécessaire dans un contexte d’échéancier de remboursement de la dette extérieure chargé à court terme. Cela reflète la dette publique élevée, qui est passée de 67% à 80% du PIB entre 2017 et 2023. En effet, l’augmentation du ratio du service de la dette épuise les ressources nécessaires aux investissements publics et aux programmes sociaux.
L’absence d’action rapide pour faire face à ces évolutions négatives accentuerait la pression sur notre pays, car la combinaison, d’une faible croissance, d’un taux de chômage élevé et d’une dette croissante est de plus en plus insoutenable.
Depuis plusieurs années, les chantiers structurels sont nombreux à s’aligner sans pour autant être réalisé. Aujourd’hui nous n’avons plus de temps à perdre. Car, au sortir d’une décennie de très faible croissance, qui l’a déstabilisé sur les plans économiques et social, la Tunisie est tenue de se mettre rapidement en ordre de marche.
Amine BEN GAMRA
Expert Comptable
Commissaire Aux Comptes
Membre de l’Ordre des Experts Comptable de Tunisie
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