Un défi de taille se pose actuellement et consiste à mobiliser les flux financiers appropriés permettant d’aligner l’évolution des émissions de gaz à effet de serre sur une trajectoire compatible avec les objectifs de l’accord de Paris.
L’atteinte des objectifs est conditionnée par le rehaussement de l’ambition climatique des contributions déterminées au niveau national (CDN) et par l’implication des institutions financières et du secteur privé pour réorienter les investissements dans des technologies et des infrastructures bas carbones.
L’objectif de la Tunisie
L’objectif de la CDN actualisée de la Tunisie est une réduction de l’intensité carbone nationale à 45% à l’horizon 2030. Le coût de cette mise en œuvre est estimé à environ 19,4 milliards USD sur la période 2021-2030, dont 14,4 milliards USD pour l’atténuation, 4,3 milliards USD pour l’adaptation et 0,7milliards USD pour les actions de renforcement des capacités.
Il est prévu dans la CDN que le financement des mesures d’atténuation provienne en majeure partie du secteur privé. L’enjeu majeur pour une institution financière est l’intégration des risques climatiques dans les portefeuilles. Cette prise en compte des risques, mais aussi des opportunités, liés au climat est une condition nécessaire au financement de la transition bas carbone.
Deux types de risques sont gérés, à cet effet, il s’agit des risques de transition qui se manifestent dans un scénario de réchauffement climatique limité et des risques physiques qui se manifestent dans le cas d’un scénario où le réchauffement climatique n’est pas limité.
Exposition des institutions financières
L’économie tunisienne est exposée à la fois aux risques physiques et de transition. Pour pouvoir évaluer la qualité de l’intégration des risques climatiques par les institutions financières, il est nécessaire d’avoir une vision claire des risques physiques et de transition pour l’économie tunisienne.
A ce titre, il faut identifier les secteurs économiques majeurs, et les risques pour chacun de ces secteurs, dans un scénario de transition ou le monde se dirige vers une économie bas-carbone et dans un scénario ou le changement climatique s’amplifie et génère d’importants dérèglements climatiques.
Pour le volet risques de transition, il serait nécessaire de faire une étude pour identifier les principaux risques et notamment les risques liés aux réglementations pouvant être mises en place par les pays importateurs de produits et services. Par exemple, la taxe carbone aux frontières de l’Union Européenne est un risque pour le secteur de l’industrie.
Catégories de risques
Un autre point essentiel est les risques importés dans les risques de transition. Ces risques sont liés aux exports (nourriture, tourisme de masse) et il faut mener une réflexion sur les risques extérieurs qui vont avoir un impact sur l’économie du pays.
Les risques physiques ont fait l’objet d’une étude par la World Bank qui est une bonne base de départ pour sensibiliser les institutions à l’importance de prendre en compte ces risques dans leurs opérations.
L’étude montre que les mortalités et pertes économiques liés à des événements climatiques sont notamment dues à la sécheresse (55%), les inondations (19%), les feux (10%) et les tempêtes (7%).
La sécheresse sera le risque physique principal pour la Tunisie. Quant aux risques urbains l’étude montre qu’à Tunis par exemple l’érosion de la côte, les inondations et la rareté en ressources hydriques vont s’accentuer. En termes de secteurs, l’étude montre la vulnérabilité de quelques secteurs clés : le transport, le bâtiment et l’agriculture.
Laissez un commentaire