“Faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait”… C’est pour ça que les citoyens prennent la peine de se déplacer pour aller voter. Ils n’élisent pas leurs dirigeants en se disant qu'”en politique les promesses n’engagent que ceux qui y croient“, une étrange profession de foi popularisée par Feus l’ancien président français Jacques Chirac et le truculent Charles Pasqua. Des engagements le chef de l’Etat sénégalais en a pris, beaucoup, mais au pays de la “Teranga” (signifie hospitalité) il n’est pas question de se dérober face à ses promesses, pas devant ces citoyens intraitables qui ont fracassé 3 régimes par la seule force de leurs cartes d’électeur. Le président Bassirou Diomaye Faye a commencé à matérialiser ses engagements. La création du Pool Judiciaire et Financier en fait partie.
La roue a tourné, les ex-ministres rendent des comptes
Son objectif avait été affiché dans la campagne électorale : Purger la République des fossoyeurs assis sur l’argent du contribuable et faire en sorte que ces deniers retournent dans les caisses publiques. Diomaye Faye a démarré en trombe avec des arrestations spectaculaires de responsables très en vue. L’installation de la juridiction spécialisée dans les méga détournements de fonds et les fraudes fiscales massives est le deuxième étage de la fusée. Et ça va très vite..
Le journal “Témoin” rapporte qu’une première fournée de 16 personnalités de l’ancien régime ou de la société civile sont interdites de sortir du pays. On cite l’ancien député Farba Ngom, Aliou Sall (frère de l’ex-président de la République), Me Bocar Thiam, Felix Antoine Diome (ex-ministre de l’Intérieur), Mame Mbaye Niang (ex-ministre du Tourisme), Mansour Faye (beau-frère du président et ex-ministre), Manar Sall (“le roi du pétrole”), Gabrielle Kane, Moussa Sow, Puma, Samuel Sarr, Abdoulaye Saydou Sow (ex-ministre de l’Urbanisme), Cheikh Oumar Hann (ex-ministre de l’Enseignement supérieur), Mamour Diallo, Lat Diop et Mame Boy Diao. Du très lourd.
Et ce n’est pas terminé, d’autres gros poissons seront pris dans les filets très prochainement, on parle de plus de 300 noms, dont d’anciens patrons de grandes entreprises et organismes publics. Autant dire que ces dossiers feront beaucoup de bruit au Sénégal. Mais l’affaire qui détonnera le plus est sans doute celle de l’ex-chef de l’Etat, Macky Sall. Il y avait les crimes contre l’humanité, quelque 80 décès de manifestants, des faits documentés ; il y aura aussi les crimes financiers.
Sall avait négocié une amnistie générale, ça ne le sauvera pas
Ces morts l’avocat Franco-espagnol Juan Branco en parle depuis juin 2023, il avait même brandi la saisie de la Cour pénale internationale (CPI). Une plainte avait été déposée à Paris mais l’affaire végète dans les arcanes de la justice française, elle pourrait être déterrée si la clameur des victimes de Macky Sall monte. En juin 2024 on vous disait que l’exil doré au Maroc de l’ex-président pourrait être troublé, ça en prend le chemin.
Il croyait avoir bétonné sa sortie en négociant avec le Premier ministre Ousmane Sonko (à l’époque il dormait en prison) une amnistie générale pour pacifier le pays, il avait pensé que cette loi l’absoudrait de ses péchés, que Nenni. Sonko a dit haut et fort dernièrement qu’il n’est pas question de laver à la grande eau les présumés crimes contre l’humanité. L’ONG «Horizon sans frontières» avait été la première à monter au front pour saisir le président Faye, cette fois c’est tout l’Etat sénégalais qui pourrait traquer Macky Sall…
Et il y a des précédents qui musclent les cartes que Dakar a en main : les procès retentissants des anciens présidents Dadis Camara (Guinée Conakry), Yaya Jameh (Gambie) et Hissène Habré (Tchad, qui d’ailleurs s’était réfugié au Sénégal), tous condamnés pour crimes contre l’humanité.
L’autre gros dossier sur Sall c’est la masse d’argent qu’il aurait emporté avec lui dans son exode vers le royaume chérifien, dans la célèbre ville de Marrakech, où dit-on il a jeté son dévolu sur une villa somptueuse ; il y reçoit du beau monde et tire les ficelles jusqu’au Sénégal. Il se dit que l’ex-président a vidé le palais avant de filer vers le Maroc, mais c’est surtout sa fortune colossale de 1000 milliards de francs CFA, sous forme d’actifs financiers et de biens immobiliers, qui intéresse les autorités sénégalaises. On en entendra parler très bientôt.
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