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USA : Columbia capitule et prend des mesures choquantes pour récupérer ses 400 millions $, les Américains ne se moqueront plus des dictateurs africains et arabes

USA : Columbia capitule et prend des mesures choquantes pour récupérer ses 400 millions $, les Américains ne se moqueront plus des dictateurs africains et arabes

L’université de Columbia, New York, a fini par flancher et tourner casaque face à la perspective de perdre définitivement ses financements fédéraux, quelque 400 millions de dollars. Une décision prise par le président Donald Trump pour punir l’université, accusée de complaisance avec les ennemis d’Israël. Une longue tradition de contestation s’arrête net, la direction de l’établissement s’est pliée aux injonctions draconiennes de la Maison-Blanche. Fin de partie pour les étudiants propalestiniens et les activistes anti-Trump, Columbia rentre dans les rangs.

Le grand virage a été officialisé hier vendredi 21 mars dans une lettre adressée à l’administration Trump. C’est l’épilogue d’un combat épique qui a duré plusieurs semaines. In fine c’est le pouvoir de l’argent qui l’a emporté sur les idéaux. Le gouvernement exigeait des changements majeurs pour étudier la possibilité de dégeler les 400 millions de dollars, l’université cède. Désormais le port du masque sur le campus est formellement interdit, sauf pour raisons médicales ou religieuses. Ce n’est pas tout…

Il y a aussi l’installation d’une force interne de sécurité composée de 36 agents spéciaux habilités à expulser ou arrêter des personnes jugées nocives pour la tranquillité des lieux et l’élaboration d’une charte institutionnelle contre l’antisémitisme. Par ailleurs Columbia devra placer sous surveillance directe ses départements d’études sur le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud, en désignant un vice-doyen chargé d’épier les programmes, les embauches et les contenus académiques.

Officiellement ce tour de vis ne nomme pas la chose, une «mise sous tutelle», mais les enseignants ne sont pas dupes. «Cela ressemble à une forme de police de la pensée», s’est insurgé Michael Thaddeus, un professeur de mathématiques à Columbia interrogé par le New York Times. «C’est une atteinte frontale à la liberté académique», a-t-il ajouté.

Les reculades de Columbia ont heurté une partie du corps professoral et terrifient d’autres institutions. L’Université de Californie a officialisé cette semaine la fin des programmes de diversité pour ne pas perdre les fonds publics, d’autres grandes universités telles que Harvard, Stanford ou Michigan sont également ciblées par le gouvernement fédéral et craignent le pire.

«C’est un jour honteux pour Columbia, et une menace directe contre la gouvernance universitaire et l’excellence scientifique aux États-Unis», a commenté Sheldon Pollock, ancien responsable du département d’études moyen-orientales. Rappelons que Mahmoud Khalil, militant propalestinien et ancien étudiant de Columbia, a été cueilli début mars par les services d’immigration, en dépit de son statut de résident permanent. Trump a annoncé son expulsion plus d’autres frappes.

Dans une lettre, la présidente par intérim Katrina Armstrong a clamé que Columbia œuvre pour que «chaque étudiant, professeur et membre du personnel se sente bienvenu et en sécurité». Elle a évoqué des «défis» qui «ne [les] définissent pas» et a martelé ceci : «Nous restons guidés par nos valeurs fondamentales : liberté académique, expression libre, respect de tous»…

L’université ne mentionne pas explicitement les 400 millions de dollars confisqués, mais de toute évidence elle a capitulé pour ça. Jusqu’à hier soir l’administration Trump n’avait pas dit si les mesures prises étaient à la hauteur de ses exigences pour envisager la restitution des subventions. De nombreuses organisations de défense des libertés, dont le Knight First Amendment Institute, ont condamné une dangereuse glissade pour la démocratie et la liberté d’expression sur les campus.

Même la police des frontières s’y met en refoulant dans les aéroports les chercheurs étrangers qui manifestent leur hostilité aux méthodes inédites de Trump. Un pays sonné, une opposition démocrate qui l’est encore plus et ne s’est pas décidée à sortir de son terrier, une administration qui marche au pas, une justice qui n’a jamais été aussi faible, des journalistes bâillonnés ou aux ordres, etc.

Les USA découvrent avec stupeur qu’il n’y a rien de plus facile à imposer qu’une autocratie, qu’une dictature quand on a la main sur toutes les grandes institutions, surtout la police et l’armée. Les Etats-Unis d’Amérique découvrent avec effarement qu’il n’y a rien de plus périssable que les acquis et idéaux démocratiques. Ce que les Américains reprochaient aux pays africains et arabes ils sont en train de l’expérimenter dans la douleur.

 

 

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