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USA : Les détails de la riposte israélienne en Iran ont fuité, on sait comment Netanyahu frappera, sauf que…

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Ce n’est pas la première fois qu’il y a des fuites au sein de l’appareil du renseignement américain, avec des documents classifiés déballés sur la place publique. Les dossiers les plus retentissants sont l’affaire WikiLeaks, qui a valu à Julian Assange des années de traque et de tourments judiciaires, et les révélations explosives d’Edward Snowden (à qui la Russie a offert l’asile). Mais cette fois l’affaire est encore plus embarrassante puisque c’est une grande opération dont pourrait dépendre l’avenir de tout le Moyen-Orient qui a été ébruitée : la riposte d’Israël après les missiles et drones balancés par l’Iran

Des missiles israéliens et pas des avions

La BBC a fait savoir que les autorités américaines cherchent activement l’auteur de cette fuite, on ne sait pas si c’est un piratage ou si c’est une source interne qui a publié ces documents hautement sensibles. On ne sait pas si celui qui a fait ça l’a fait par appât du gain ou pour manifester son désaccord avec le soutien inconditionnel des USA à Israël

Ce qu’on sait c’est que sur ces documents il y avait bien la mention “Top Secret” et “FGI”, pour “Foreign Government Intelligence”, donc le mystérieux informateur savait très bien ce qu’ils faisait. Il voulait faire un maximum de bruit, mouiller jusqu’au cou l’administration de Joe Biden, il a réussi.

Les documents ont été publiés sur le canal Telegram Middle East Spectator, qui se dit domicilié à Téhéran et les données provenaient d’une “source informée au sein de la communauté du renseignement américain.” Les documents évoquent clairement le point de vue des Américains sur les préparatifs de Tsahal pour toucher des cibles en Iran…

Les données fuitées seraient fondées sur des renseignements analysés datés des 15 et 16 octobre 2024. Le média britannique rapporte qu’il s’agit de 2 systèmes de missiles balistiques à lancement aérien dénommés Golden Horizon et Rocks. On a appris que ce dernier est un système de missile à longue distance, alors que Golden Horison a trait au missile Blue Sparrow, lequel a une portée de près de 2000 kilomètres.

D’après des experts militaires approchés par la BBC recourir à ces dispositifs permettrait d’éviter à des avions de combat israéliens de survoler des pays voisins de l’Iran, comme la Jordanie, qui a fait savoir qu’il est hors de question de laisser passer des chasseurs. Reste la question de l’activation de la dissuasion nucléaire israélienne. Tel-Aviv ira-t-il jusque-là ? Tout est possible une fois que la boîte de Pandore est ouverte.

La sortie de ces documents a provoqué l’émoi à Washington. D’après le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby, le président Biden s’est dit “profondément préoccupé” par cette fuite, un discours cité par CBS. “Je sais que le ministère de la Défense enquête sur cette affaire et je suis sûr qu’au fur et à mesure de ses investigations, il tentera de déterminer la manière dont ces informations ont été rendues publiques“, a ajouté Kirby.

La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a commenté l’affaire en indiquant qu’elle est “en cours d’examen” et que Biden avait “une confiance totale” dans son administration. De toute façon le président américain n’a guère le choix, il l’avait à un moment mais a opté pour l’appui aveugle d’Israël, quoi qu’il fasse, jusqu’à ce que les événements échappent au contrôle de Washington.

Cette fois le va-t-en guerre Netanyahu devra se plier aux injonctions

Peu après l’assaut iranien sur l’Etat hébreu, le 1er octobre 2024, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait clamé des représailles, mais n’avait précisé ni la forme ni la date de la riposte. Puis Netanyahu s’était fait plus énigmatique en déclarant qu’Israël attaquerait en fonction de ses intérêts nationaux. Très étrange…

Encore plus étrange : les documents américains fuités la semaine dernière n’indiquent ni des cibles ni un calendrier de frappes. Rien. Mais à y regarder de plus près tout ce flou artistique, chez Netanyahu comme chez Biden, n’est pas si bizarre que ça, il obéit à la conjoncture américaine. Il est impensable que les Etats-Unis cautionnent une attaque de cette ampleur, aux conséquences incalculables, à moins de 2 semaines de l’élection présidentielle.

Temporiser, lambiner, louvoyer n’est pas dans la nature du va-t-en guerre Netanyahu, s’il appuie sur le frein c’est parce que le parrain américain l’y a obligé. Et tout le monde sait que sans les bombes, les renseignements mais surtout l’aviation et les anti-missiles de Biden Israël ne pourra pas encaisser seul les déflagrations qu’il provoquera.

Par contre après les élections l’horizon sera plus dégagé. Ce qui est certain c’est que tôt ou tard Netanyahu frappera, pour des tas de raisons – dont la première est sa survie politique -, mais quand et comment, c’est la question. On sait qu’avec Donald Trump à la Maison Blanche ce sera un boulevard pour Tel-Aviv, le républicain est même en faveur d’une frappe sur les installations nucléaires iraniennes

Biden lui s’oppose à des tirs sur ces équipements mais également sur les infrastructures pétrolières en raison des contrecoups sur l’économie mondiale. Et si Kamala Harris l’emporte le 5 novembre prochain Netanyahu sera contraint de l’écouter. En tout cas c’est ce que la dame a laissé entendre publiquement. Dans son dernier livre, intitulé “War”, le célèbre journaliste Bob Woodward est beaucoup plus nuancé sur le volontarisme de Harris. Donc on verra bien.

 

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Publié par
Souleymane Loum